Bazin : Le retour aux sources
Deuxième épisode de la série avec Yannick Bazin, désormais passeur à Cannes, qui a passé plus de dix ans sous les ordres d'André Patin. Il sera de retour aux
Courtilles samedi soir, pour la première fois depuis son départ.
C'est un bout en train. Son rire résonne encore dans les vestiaires, même si sa silhouette s'est évanouie depuis un moment déjà. Etre Yannick Bazin, c'est avant tout un état d'esprit
: sourire jusqu'aux oreilles, cheveux (souvent) peroxydés, biceps saillants et buffet conséquent ( la bête soulève 140kg au développé couché), et gosier insatiable, soirs de victoires ou
défaites...
Bref Yannick, c'est un peu le titi parisien dans toute sa splendeur : à l'aise partout, toujours de bonne humeur et prêt à faire la fête. Mais justement, comment le jeune passeur a-t-il vécu son
déménagement sur la French Riviera ? Récit.
"Je suis 100 % satisfait"
On vous rassure, c'est pas le soleil qui l'a traumatisé. Mais tout de même, on se demande s'il en avait pas pris un petit coup sur la tête : "Quand j'ai
regardé le calendrier de la saison pour la première fois, j'ai regardé le calendrier d'Asnières ! Il m'a fallu un moment pour réaliser" nous confie-t-il. C'était pas évident au début, moi
qui était habitué à jouer dans un équipe avec un ou deux étrangers maximum, et qui jouait plutôt le maintien que le titre. Là, j'ai tout de suite senti la pression des sponsors et du
staff.
Par exemple, on vient de casser une série de neuf victoires en championnat avec la défaite à Rennes. Le coach nous a tout de suite remis en selle afin que l'on gagne contre Salonique en Ligue
des Champions (match gagné 3-1 mercredi soir, les Cannois finissant 1er de leur poule), même si nous étions déjà qualifiés. On a un rang à tenir et de bonnes habitudes à garder. C'est vraiment la
grande différence entre un club familial comme Asnières et un club de haut de tableau comme Cannes" analyse le jeune passeur.
Mais il faut croire que la pression, Yannick Bazin aime ça. Rarement titulaire d'entrée de jeu, c'est pourtant lui qui finit les matches. Un compromis qui lui va pour l'instant à
ravir. "Avec Angel Perez, on possède deux styles totalement différents" explique-t-il. " C'est un atout pour l'équipe. Pour l'instant, je suis 100 % satisfait de mon temps de jeu.
C'est ma première année et il faut savoir être patient" confie-t-il, lucide.
"J'ai coché depuis longtemps la date sur le calendrier"
Pas de bobos, une adaptation réussie ("Le groupe est sympa, tout le monde m'a aidé en début de saison"), un classement au championnat flatteur, une qualif en ligue des Champions bref, que
demander de plus ? "J'aimerais vraiment qu'Asnières se maintienne, pour le club, pour les jeunes de la ville, et pour la poignée de dirigeants qui se démènent pour le faire exister, Jean Périou
en tête. J'espère vraiment qu'ils vont se maintenir pour je puisse revenir jouer ici dans les années à venir".
Au point de lever le pied samedi soir ? "Ah non, quand même pas !" s'esclaffe-t-il. "Non, ils vont devoir gagner contre leurs adversaires directs . Rien n'est facile dans ce championnat. Le classement est serré, en haut comme en bas de tableau (NDLR : les huit
premiers se tiennent en six points, les trois derniers en quatre). Maintenant, ils sont trois pour une place (NDLR : Saint-brieuc, Ajaccio et Asnières), mais il y a encore une marge pour le faire.
"
Yannick Bazin, 25 ans, 1m92 environ 90 kg
Numéro de maillot : le 2
Temps de jeu : environ 50 %
Physique : monstrueux/ opéré des croisés il y a deux ans
Statistiques (source LNV): 19 points, (4 aces, 7 attaques, 9 contres)
Ce qui lui manque : l'ambiance ! l'année dernière, notre groupe se connaissait par cœur, dès qu'il y avait un problème, ils se réglait sur le terrain. C'est ce qui faisait
notre force".
Ce qui a changé : les entraînements. La formation, c'est terminé. On enchaîne deux matches dans la semaine, on travaille du coup beaucoup plus le six et la tactique, sur des
entraînements courts. On privilégie la récup'.