Privés depuis le début de saison de leur passeur originaire des îles Wallis et Futuna, les Asniérois, qui restent sur deux revers secs (Beauvais et Montpellier, 3-0), pourront enfin aligner Toafa
sur la feuille de match ce soir face à Toulouse. Un renfort qui tombe à pic pour une équipe qui cherche encore ses marques, mais qui a bien failli ne jamais arriver.
Retour sur une situation née d'un imbroglio club-fédération digne des plus belles sagas de l'été. Veille du départ en vacances : l'ex-cannois contacte son nouvel entraîneur, André Patin, afin de
lui demander l'autorisation de participer à une compétition pour ses îles natales, les Jeux du Pacifique du Sud (25 août au 8 septembre, aux Iles Samoas).
« Je lui ai dit que d'autres joueurs
m'avaient déjà appelé afin de participer aux Universiades, et que ma réponse avait été négative. Je ne pouvais donc pas faire de favoritisme » indique le technicien asniérois. Le rendez-vous
est donc pris le 12 août, jour de la reprise. Mais entre temps, la fédération wallisienne sollicite Gil Pelan, (président de la FFVB), et obtient son accord écrit en vertu de la convention liant la
fédération et les clubs professionnels, qui oblige ces derniers à libérer leurs joueurs pour les compétitions internationales.
Problème de taille: les jeux du Pacifique, au même titre que les Jeux de l'Océan Indien, ne sont que des compétitions régionales, pour lesquelles cette convention ne s'applique pas. Mais le mal est
fait : le jeune Toafa participe aux Jeux, et ne rentre que le 13 septembre en métropole (avec plus d'un mois de retard sur la date prévue)… et surtout toujours sans avoir pu signer son contrat !
Fureur du staff asniérois.
« La fédération a été très légère sur ce dossier, elle a pris des décisions qui ne lui incombaient pas » sermonne un André Patin très remonté. Du côté du joueur,
c'est l'embarras qui domine
« je ne me sentais pas très bien dans ma tête, j'aurais dû être avec eux » confie Takaniko.
« On paie la double peine »
Mais l'affaire n'en reste pas là. Asnières tente un appel afin de qualifier son passeur pour le début du championnat face à Beauvais.
« La signature tardive n'est pas de notre fait, mais bien
de celui de la Fédération, qui nous a porté préjudice en autorisant Toafa à prolonger son séjour » argue Patin. La commission statue, et rend son verdict une heure avant le match : délai
d'homologation confirmé, et énorme stupeur du côté du club.
« Là, on paie carrément la double peine. Non seulement on nous prive d'une bonne préparation, mais en plus on ne peut pas aligner une de nos recrues majeures pour deux matches. Quand on sait à
quoi tient une saison ! » . Pour la saison il est encore trop tôt pour se prononcer, mais une chose est sûre, après deux matches, Asnières pointe toujours à zéro au compteur.
Takaniko peut-il enfiler le costume du super héros a lui seul ? Probablement pas, mais sa seule présence sur la feuille de match offrira de nouvelles solutions de coaching, et devrait rassurer ses
coéquipiers, notamment Florent Roure, esseulé aux commandes du navire lors des deux derniers matches.
« Physiquement, il a effectivement un abattage d'une autre dimension » confirme André
Patin.
« Mais un passeur doit d'abord être précis et faire les choix qui s'imposent, le reste, c'est du bonus ». Ce soir face à Toulouse, on guettera donc avec attention les premiers pas
du « bonus » sous ses nouvelles couleurs asniéroises.